10/06/2026. Soutenance de thèse de doctorat de Svitlana Kovalova « Le personnage-spectateur : de l’image reproductible entre deux espaces vécus »
Svitlana Kovalova soutiendra publiquement sa thèse de doctorat intitulée « Le personnage-spectateur : de l’image reproductible entre deux espaces vécus »
Mercredi 10 juin 2026 à 14h à l’auditorium de l’Humathèque du campus Condorcet, 10 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers
Le jury sera composé de
- Mme Martine CRÉAC’H, Professeure émérite, Université Paris 8, directrice de thèse
- Mme Catherine DOUZOU, Professeure émérite, Université François Rabelais de Tours, rapporteuse
- M. Jean-Paul ENGÉLIBERT, Professeur, Université Bordeaux Montaigne, rapporteur
- Mme Nancy MURZILLI, Professeure, Université Paris 8, co-directrice de thèse
- M. Constantin SIGOV, Professeur, Université nationale Académie Mohyla de Kyiv, examinateur
- M. Benoît TURQUETY, Professeur, Université Paris 8, examinateur
Résumé de la thèse :
Cette thèse analyse l’émergence du personnage-spectateur comme figure critique du regard contemporain. À partir de la notion de reproductibilité technique, elle montre que l’histoire moderne des images ne transforme pas seulement le statut des œuvres, mais rend également le spectateur visible, reproductible et narrativisable. L’image institutionnelle du spectateur construit une logique de dépossession du regard et de l’expérience, que le personnage-spectateur vient interroger.
L’étude distingue trois régimes critiques – post-totalitaire, post-apocalyptique et post-dramatique – à travers les œuvres de Matéi Visniec (Le Spectateur condamné à mort, 1984), Konstantin Lopouchanski (Le Visiteur du musée, 1989) et Olivia Rosenthal (Ils ne sont pour rien dans mes larmes, 2012). Elle analyse les dynamiques de regard latéral, d’enregistrement, de redirection du regard et de communautés des séances.
Le personnage-spectateur apparaît ainsi comme un point d’articulation entre expérience vécue et dispositifs collectifs, entre visibilité imposée et possibilité critique. Penser cette figure revient à interroger les conditions contemporaines du voir, dans des contextes marqués par la propagande, la guerre et la fragmentation du visible.