19/01/2026 soutenance de thèse de doctorat de Ronan Dargent « Chasse aux anonymes et auteurs déguisés : Éléments pour une théorie de l’anonymat littéraire »
Ronan Dargent soutiendra publiquement sa thèse de doctorat intitulée
« Chasse aux anonymes et auteurs déguisés : Éléments pour une théorie de l’anonymat littéraire »
Lundi 19 janvier 2026 à 14h, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, en salle A3-317 de la Maison de la Recherche
Le jury est composé de : Pierre Bayard (Paris 8, directeur), Adeline Wrona (Sorbonne Université, rapporteuse), Verónica Estay Stange (Paris Cité, rapporteuse), Yves Citton (Paris 8), Jean-François Jeandillou (Paris 13) et Charles-Éloi Vial (BnF).
Résumé de la thèse :
Cette thèse tente de bâtir une théorie de l’anonymat littéraire. Son point de départ est l’onymat, que Gérard Genette définit, dans Seuils, comme l’auteur signant de son état civil. Les limites du vrai et du faux, de l’absence et de la présence d’un nom sont floues, et leur définition varie grandement selon l’époque. C’est pourquoi une théorie ayant pour matériau l’anonymat littéraire se doit d’abord d’exposer un large panorama historique d’idées, d’œuvres et de penseurs qui, une fois confrontés et catégorisés, permettront d’exposer la richesse sémiotique de l’anonyme.
La première partie démontre l’impact de l’évolution des lois sur l’état civil et de l’enserrement progressif de l’individu sur la perception du nom d’auteur, en général, et sur la pratique anonyme, en particulier, depuis Villers-Cotterêts jusqu’aux lois de 1793. La deuxième partie raconte cette fois l’épisode dit de la « chasse aux anonymes », où les bibliographes français, tout juste sortis de la Révolution, modernisent les bibliothèques et inscrivent dans d’épais dictionnaires des dizaines de milliers d’identités d’auteurs considérés comme anonymes, imposteurs ou impropres à la classification nouvelle. La troisième partie tire ses enseignements des théoriciens du nom d’auteur des siècles précédents et y ajoute les travaux de Genette, Barthes, Borges, Eco, Foucault et Valéry. En particulier, les outils de la sémiotique de Charles Sanders Peirce permettent de développer les possibilités de la pratique et de la lecture anonyme, et d’offrir de nouvelles définitions à l’anonymat, au pseudonymat et à l’onymat.