Martine Créac’h


Martine CRÉAC’H est professeure de Littérature française et
co-directrice avec Lionel Ruffel de l’UR 7322 Fabrique du littéraire (Fablitt).

Ses recherches portent sur les relations entre les arts, entre la littérature des XXe et XXIe siècles et les œuvres littéraires et picturales des siècles passés (actualisation et mémoire), entre la poésie et le récit dans la littérature moderne et contemporaine, entre le dessin et l’écriture mais aussi sur les relations entre les langues et sur les relations aux supports (illustration et matérialités du livre).

Contacts : martine.creach@univ-paris8.fr

creach.martine@gmail.com

Principales publications 

 

Essais

 

Poussin pour mémoire. Bonnefoy, Char, du Bouchet, Jaccottet, Simon, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, coll. « Essais et savoirs », 190 pages, 5 ill. noir et blanc, 2004.

Premier artiste à réclamer une lecture de ses toiles, auteur de multiples écrits sur l’art, peintre philosophe pour la postérité, Nicolas Poussin laisse une œuvre considérée comme le paradigme
d’une peinture offerte au discours : invitant ainsi le spectateur à retrouver, pour chaque tableau, le texte sous-jacent qui l’explique, dans une parfaite complémentarité du pictural et du verbal. L’intérêt constant des écrivains pour cette œuvre a semblé confirmer ces assignations initiales. La redécouverte de l’art de Poussin, dans la seconde moitié du XXe siècle, ébranle de telles évidences. Si des poètes comme Yves Bonnefoy, André du Bouchet, René Char et Philippe Jaccottet, et un romancier, Claude Simon, se tournent vers cette œuvre intempestive, ils ne sont pourtant pas nostalgiques d’une figuration qui déclencherait d’emblée le discours littéraire. Prélevant sur les toiles du maître classique des fragments de textes ou de figures, leurs poétiques singulières suscitent des traces qui font vaciller les discours interprétatifs ; elles inventent de nouvelles écritures pour dire le visible, des théories de l’art pour le présent. Contre les légendes d’un Poussin et plus largement d’un art figuratif transparents, il faut rendre à la peinture sa réserve, au double sens pictural et verbal qu’autorise le terme : garder en blanc, ce qui veut dire aussi préserver une mémoire pour l’avenir.

L’imparfait de l’art. La peinture ancienne dans la poésie du XXe siècle, Metis Presses, collection Voltiges, juin 2018, 256 pages L’écrit littéraire sur la peinture du passé fut doublement disqualifié
par la théorie moderniste, au nom d’un modèle temporel de progrès d’abord, mais aussi au nom d’une autonomie de l’art qui écarte tout commentaire discursif sur l’expérience artistique considérée comme une pure expérience visuelle. Cet essai fait au contraire l’hypothèse que les textes littéraires sur la peinture du passé, ceux des poètes du XXe siècle notamment, ne témoignent pas d’une réaction nostalgique. Ils déplacent les classifications arrêtées par l’histoire de l’art et introduisent une relation instable et vivante aux œuvres. En accordant une large place à des manuscrits encore inédits, l’essai plaide pour une approche littéraire de la peinture du passé qui appartiendrait de plein droit au contemporain, à condition de ne pas comprendre celui-ci comme une simple époque historique. .Le titre rappelle « l’exil dans l’imparfait » de Baudelaire mais l’oriente vers une autre approche de la relation au passé : « l’imparfait » de l’œuvre peinte est aussi un inachèvement, une invitation pour les poètes à poursuivre le geste des maîtres du passé par leur propre création.

 

Ouvrages collectifs ou direction de numéros de revue

Traduire Claude Simon, avec A.-Y. Julien, Cahiers Claude Simon, n° 10, Presses Universitaires de Rennes, avril 2015. https://journals.openedition.org/ccs/934 Avec les contributions de Irene Albers, Gaston Bouatchidzé, Martine Créac’h, Peter France, Johan Härnsten, Karin Holter, Jufang Jin, Anne-Yvonne Julien, Fanny Lambert, Hans-Peter Lund, Eva Moldenhauer, Wolfram Nitsch, Mojca Schlamberger Brezar, Emilia Surmonte, Manuel Tost Planet, Alexey Vishnyakov, David Zemmour, Metka Zupancic.

 

Écrire en contrepoint, avec K. Gosselin, Littérature, n° 180, décembre 2015, Paris, Dunod. http://www.fabula.org/actualites/litterature-180_72238.php Avec les contributions d’Audrey Camus, Martine Créac’h, Christian Doumet, Johan Faerber, Katerine Gosselin, Thomas Mainguy, Frédéric Marteau, Patrick Quillier, Laurent Zimmermann.

Claude Simon &., avec A. Renaud, Fabula, colloques en ligne, 2016. http://www.fabula.org/colloques/sommaire3457.php. Avec les contributions de Barbara Bourchenin, Jérémy Cohen, Johannes Dahlem, Olivier Kahn, Laura Laborie, Julien Praz, Clément Sigalas.

Franck Venaille, aujourd’hui, avec L. Cariou et S. Cunescu, Fabula, colloques en ligne, 2020. https://www.fabula.org/colloques/sommaire6493.php Avec les contributions d’Arno Bertina, Lénaïg Cariou, Martine Créac’h, Stéphane Cunescu, Elvina Le Poul.

Délivrer le temps. Écrire le musée (XIXe-XXIe siècles). Hommage à Patrick Wald Lasowski, avec J. M. Ibeas-Altamira et L. Vazquez, Paris, Hermann, 2020, 296 pages, 5 ill.. Avec les contributions de P. Bayard, P. Brasart, F. Bercegol, F. Berquin, L. Cariou, M. Créac’h, V. Dalmasso, D. de Font-Réaulx, M. Delon, J. Desclaux, C. Gheerardyn, J. M. Ibeas-Altamira, S. Kovalova, A. Lavernhe-Grosset, D. Lyotard, F. Mardrus, R. de Raphélis, T. Sanz, M. Séguy, N. Servissole, C. Swensen, D. Viart, L. Vazquez, P. Wald Lasowski, B. Wesley, A. Wroblewski,

Articles et chapitres d’ouvrages (sélection)

 « Ombres et clartés : l’art de Nicolas Poussin sous le regard de Gustave Roud », Gustave Roud, Europe, Paris, n° 882, octobre 2002, p. 68-84.

« Le Trait et la trace : Yves Bonnefoy et le dessin », La Revue de Belles-Lettres, Yves Bonnefoy, n° 3-4, Genève, 2005, p. 43-57.

 « Scènes d’épouvante : Claude Simon dans les parages de l’image » dans Penser par les images. Autour des travaux de Georges Didi-Huberman, L. Zimmermann (dir.), éd. C. Defaut, Nantes, 2006, p. 117-145. Réédition dans dans Cahiers Claude Simon, n° 15, « je pouvais voir », J. Gleize et D. Zemmour (dir.), Presses Universitaires de Rennes, 2020, p. 99-114.

« Voici le Temps des assassins ! » Lire Rimbaud avec Char dans Aromates chasseurs  » dans Poètes et philosophes, de la fraternité selon René Char, D. Leclair et P. Née (dir.). Série Char n°2. Lettres modernes Minard, Caen, 2007, p. 117-141.

 « Objet invisible ou Mains tenant le vide  : que peut donner la sculpture ? » dans L’Offrande lyrique, J.-N. Illouz (dir.), Hermann, coll. « Savoir / Lettres », Paris, 2009, p. 323- 335.

 « Poussin en 1960. Poussin plagiaire de Masson » dans Pour une critique décalée. Autour des travaux de Pierre Bayard, L. Zimmermann (dir.), Nantes, éd. Cécile Defaut, 2010, p. 97- 112.

 « Croire en la géométrie » (Morandi) » dans Modalités du croire : croyance, créance, crédit. Autour de l’œuvre de Jean-Michel Rey, D. Bertrand, B. Clément, C. Doumet (dir.), Paris, Hermann, 2012, p. 115-128.

 « Le prologue des Géorgiques  : une théorie du dessin ? » dans Cahiers Claude Simon, n° 9, A.-Y. Julien (dir.), Presses Universitaires de Rennes, 2014, p. 75-84. https://journals.openedition.org/ccs/900 

 « Une « espèce de dédicace à l’ultérieur ». Paul Claudel et la nature morte » dans La nature morte, Cahiers ERTA, n° 6, Gdansk, 2014, p. 85-98. https://www.google.com/search?q=martine+Cr%C3%A9ac%27h+une+esp%C3%A8ce+de+d %C3%A9dicace+&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b-1 

 « Écrire des pages et des pages qui ne voudraient rien dire » (Degottex) dans Les écritures et inscriptions de l’œuvre d’art, en présence de Michel Butor, F. Caruana (dir.), Paris, L’Harmattan, 2014, p. 73-79.

 « L’effet épitaphe. François Villon et Franck Venaille » dans Mémoire du Moyen Âge dans la Poésie contemporaine. N. Koble, A. Mussou, M. Séguy (dir.), Paris, Hermann, 2014, p. 301-311.

 « Le critique muet. André du Bouchet et Courbet » dans L’écrivain et son peintre, D. Lyotard (dir.), Revue des Sciences humaines, n° 318, avril-juin 2015, Presses du Septentrion, Université de Lille, 2015, p. 57-72.

 « Trois dialogues. Beckett – Char – Du Bouchet » dans Dossier Georges Duthuit, hors- série des Cahiers du Musée national d’art moderne, Éditions du Centre Pompidou, C. Debray et R. Labrusse (dir.), 2015, p. 54-62.

 « Franck Venaille dans les souterrains d’Allemonde. Questions de temps » dans Éclats de temps. Musique, peinture, poésie, C. Doumet et L. Zimmermann (dir.), Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, collection « La philosophie hors de soi », 2015, p. 67-76.

 « Penser le poème par le livre. La Nuit posée là d’A. Emaz et A. Vinay » dans Spaces of the Book / Les Espaces du livre : supports et acteurs de la création texte/image (XXe- XXI e siècles), Materials and Agents of the Text/Image Creation (20th–21st Centuries), I. Chol et J. Khalfa dir., Peter Lang, Oxford, Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Wien, 2015. XII, European Connections, Vol. 37, 2015, p. 185-195.

 « Prendre les marges au sérieux : les dessins de Claude Simon » dans Marges et écritures dans la littérature, A. Ben Farhat dir., Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax, Nouha Editions, Collection de l’URLDC, 2016, p. 241-258.

« Dépayser la peinture », Philippe Jaccottet. Poésie et altérité, M. Finck et P. Werly dir., Presses universitaires de Strasbourg, 2018, p. 367- 378.

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